L’ayurveda À L’époque Contemporaine

Auteur: Jonathan L. R.

L’ayurveda à Montréal

Je pratique depuis 2008 l’herboristerie et l’ayurveda au Québec, à Montréal. Mon expérience en tant qu’enseignant et thérapeute m’a confronté à certains différents idéologiques qui divisent les praticiens en médecine moderne et les thérapeutes en médecine alternative.

Mon expérience personnelle de la pratique de l’herboristerie et de l’ayurveda à Montréal et au Québec m’apporte beaucoup de satisfaction mais aussi bien des difficultés. Participer à un mouvement pionnier est toujours une aventure gratifiante et édifiante qui me permet de me forger une vision indépendante et de première main de la réalité.

L’ayurveda, une pratique anachronique ?

L’ayurveda dispose d’un vocabulaire et d’un cadre théorique pour décrire les expériences humaines et comprendre les liens de cause à effets qui expliquent les ramifications de la maladie et du bien-être en fonction de notre alimentation, de nos habitudes de vie et de notre constitution personnelle.

Certains pourraient croire qu’il est quelque peu anachronique de se soigner à l’aide des remèdes traditionnels herboristes ou ayurvédiques à notre époque. Avec les coûts de soins de santé qui augmentent vertigineusement et les maladies chroniques qui persistent, la médecine naturelle demeure toutefois un élément essentiel de nos sociétés. Pourtant, le modèle scientifique de recherche moléculaire domine la scène et, pour des raisons monétaires et idéologiques, oppose une certaine résistance aux modèles holistiques.

J’imagine seulement les économies collectives que nous ferions si nous utilisons les richesses abondantes que la nature ne cesse de faire pousser autour de nous. Les plantes toniques, abondantes et accessibles, sauraient prévenir plusieurs maladies et soutenir les organes lors des rémissions.

Chacun d’entre nous avons la possibilité de redécouvrir les sagesses ancestrales et les voies de la nature simplement en l’observant et en s’intéressant au sujet.

Médecine moderne vs médecine alternative

La médecine moderne officielle est encadrée par des standards élevés, des protocoles précis et opère selon des données scientifiques et des statistiques quant aux résultats espérés. Les médecines alternatives incluent quant à elles une myriade de thérapies différentes aux standards beaucoup plus irréguliers, selon les disciplines. À moins de limiter leurs pratiques aux zones étroites explorées par la science, peu de données et de preuves scientifiques encadrent ces professions.

Il s’ensuit que la médecine moderne est beaucoup mieux qualifiée que les médecines alternatives pour répondre aux demandes des gouvernements et du public. En effet, les sociétés modernes fonctionnent en termes de statistiques et de protocoles, dirigées par des bureaucraties et une technocratie croissante. Hors, l’obtention de ces statistiques et les recherches scientifiques constituent un processus fastidieux et très coûteux que seule l’industrie pharmaceutique accomplit systématiquement.

Les gouvernements ont les moyens de s’offrir des études sur les médecines alternatives, mais ils sont généralement rangés par défaut derrière le système médical moderne, largement dominant et aux lobbys puissants. Seules exceptions à cette règle : l’ayurveda, médecine traditionnelle de l’Inde ainsi que la Médecine traditionnelle chinoise.

La médecine traditionnelle indienne de nos jours

Cet ancient système est assez répandu et organisé, il génère assez de revenus et répond à suffisamment de besoins médicaux pour que certaines compagnies, ainsi que legouvernement indien soit intéressé à financer des recherches attestant ses bienfaits.

De nos jours, 70% de la population rurale de l’Inde utilise encore les plantes médicinales pour une variété d’usages préventifs et curatifs. Toujours en Inde rurale, 600 000 dais, qui accompagnent traditionnellement les naissances gèrent 90% des accouchements alors que 60 000 ramancheurs et 60 000 visha vaidhya traitent respectivement 50% des fractures et 90% des morsures de serpent. Si l’état devait fournir ces services, cela équivaudrait à 50% du budget national de l’Inde pour la santé.

Cette médecine traditionnelle survit notamment parce qu’elle est bien documentée et qu’elle bénéficie à un large bassin de population, des centaines de millions de gens. Elle génère donc un minimum de capital et permet d’économiser des montants astronomiques à la population du deuxième pays le plus peuplé du monde. Les recherches, en fin de compte, ont besoin d’incitatifs économiques pour financer leurs coûts élevés.

En conclusion : diminuer les frais de santé en occident

En tant que praticien oeuvrant dans le domaine de la santé, j’utilise les plantes à leur état naturel, exemptes d’analyses et j’agis selon l’expérience cumulée des innombrables générations précédente. La domination incontestée de la médecine moderne, moléculaire et scientifiquement étudiée est pour moi une source de questionnement.

Pouvons-nous continuer à perpétuer ce modèle indéfiniment, alors que les frais de santé explosent et que les budgets nationaux se resserrent ? Y a-t-il une place pour que les gouvernements financent des études cliniques pour développer des techniques alternatives moins coûteuse et, dans certains cas, plus efficaces à long terme ?

Il est grand temps que nous nous intéressions de plus près aux médecines traditionnelles, notamment l’ayurveda, et que nous consacrions ne serait-ce qu’une petite portion des budgets nationaux des pays modernes aux recherches cliniques qui ne profitent pas aux compagnies mais qui peuvent nous économiser des milliards en frais de soins de santé. Il en va de la survie de nos systèmes de santé publique et de la viabilité de nos finances, aussi bien que de notre bien-être à tous.

http://www.articlonet.fr/mdecines-alternatives-articles/layurveda-a-lepoque-contemporaine-4500966.html

Sur l’auteur:

Jonathan L. Raymond :

Je suis herboriste accrédité par la guilde du Québec et je pratique aussi l’ayurveda que j’ai appris de manière autodidacte ainsi qu’en recevant l’enseignement de maître à élève par mes mentors en Inde. J’ai fondé en 2010 le site Projetenvie avec ma compagne, Caroline Théberge, afin de promouvoir l’herboristerie, l’ayurveda, le yoga et la massothérapie et de distribuer de l’information pertinente à ce sujet. J’offre des services de consultation en ayurveda et en herboristerie ainsi que des ateliers sur ces sujets.

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